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Les secrets de l’attentat manqué contre Hitler et la résistance allemande

🗓️ 17/01/2026 · 58:40 · 👁️‍🗨️ 21 vues -

À l'été 1944, la guerre tourne à l'avantage des Alliés. Sur le front intérieur, une frange de militaires allemands prépare un plan audacieux pour éliminer Adolf Hitler et mettre un terme à la dictature nazie. Le 20 juillet 1944, une bombe placée par le colonel Claus von Stauffenberg explose dans le quartier général du Führer. Hitler survit, mais l’attentat révèle l’existence d’une résistance allemande jusque-là peu connue. Que s’est-il vraiment passé ce jour-là ? Quels étaient les objectifs du complot ? Et pourquoi cette opération spectaculaire a-t-elle échoué ?

Contexte : l’Allemagne en crise et les débuts de la résistance intérieure

L’évolution de la guerre

En 1944, la situation militaire de l’Allemagne est catastrophique. Le Débarquement en Normandie a eu lieu le 6 juin, les troupes soviétiques avancent à l'Est, et les bombardements alliés détruisent les villes allemandes. Une partie de l’état-major militaire doute de plus en plus de la capacité d’Hitler à diriger.

Une opposition morale et politique

Depuis 1938, plusieurs officiers de la Wehrmacht, intellectuels et civils s’opposent au nazisme. Ils dénoncent les crimes commis par le régime, notamment à l'Est, et veulent rétablir un État de droit. Parmi eux : Ludwig Beck, Carl Goerdeler, Henning von Tresckow, Friedrich Olbricht, et surtout Claus von Stauffenberg.

L’opération Walkyrie : un plan de coup d’État sous couverture

Objectif : éliminer Hitler et prendre le contrôle

Le complot du 20 juillet 1944 ne se limite pas à tuer Hitler. Il s’agit aussi de renverser le pouvoir nazi en activant le plan d'urgence militaire nommé « Opération Walkyrie », conçu à l’origine pour contrer un soulèvement interne.

Les conjurés décident d’utiliser ce plan pour mobiliser la réserve de l’armée allemande (la « Ersatzheer »), en prétendant que les SS ont lancé un putsch, et ainsi prendre le contrôle du pays dès l’annonce de la mort d’Hitler.

Claus von Stauffenberg : figure centrale du complot

Aristocrate catholique, blessé au front en Afrique (il a perdu un œil, une main et deux doigts), Claus von Stauffenberg devient l’un des organisateurs principaux du complot. Son courage et sa détermination en font le porteur de la bombe.

Il est également chargé d’activer l’opération Walkyrie immédiatement après l’attentat.

Le 20 juillet 1944 : récit heure par heure de l’attentat

Le lieu : la Wolfsschanze, le « repaire du loup »

Hitler se trouve alors dans son quartier général en Prusse orientale, un complexe bunkerisé situé à Rastenburg, appelé la Wolfsschanze. C’est là que Stauffenberg parvient à organiser une réunion à laquelle il participera avec Hitler.

12h42 : la bombe explose

Stauffenberg parvient à placer une valise contenant un explosif à retardement sous la table de conférence, juste à côté d’Hitler. Il quitte la salle en prétextant un appel.

À 12h42, la bombe explose. Mais par un concours de circonstances, Hitler est miraculeusement sauvé : la valise a été déplacée derrière un pied de table massif, qui a absorbé l’essentiel du souffle.

13h00-17h00 : confusion et faux espoirs

Stauffenberg, persuadé que Hitler est mort, rentre en avion à Berlin. Il donne l’ordre de lancer l’opération Walkyrie. Mais les communications restent confuses. Bientôt, des nouvelles circulent : Hitler est vivant.

Le plan s’effondre rapidement. Les hésitations, les contre-ordres, et la fidélité des troupes à Hitler empêchent la prise du pouvoir. En fin de journée, le coup d’État a échoué.

Les raisons de l’échec de l’attentat

Des failles techniques et logistiques

  • La bombe devait être double, mais une seule charge a été activée, faute de temps.

  • La valise a été déplacée de manière cruciale.

  • L’absence de communication rapide et fiable a empêché la coordination nationale.

Le culte de la personnalité d’Hitler

Même affaibli, Hitler restait perçu comme l’incarnation du pouvoir légitime. Son annonce de survie à la radio dans la soirée du 20 juillet a brisé toute tentative de mobilisation contre lui.

La répression : une vengeance implacable

Après l’échec du complot, Hitler déclenche une répression féroce :

  • Plus de 7 000 personnes arrêtées, militaires, civils, membres de la haute société.

  • Environ 200 exécutés, parfois après des procès sommaires devant le « Volksgerichtshof », le tribunal populaire présidé par Roland Freisler.

  • Stauffenberg, Olbricht et d'autres sont fusillés dès le soir du 20 juillet, dans la cour du ministère de la Guerre à Berlin.

Les exécutions sont filmées et utilisées comme outil de terreur par le régime nazi.

La mémoire de la résistance allemande

Longtemps ignorée

Pendant des décennies, la résistance allemande a été peu valorisée, notamment en RDA où elle était vue comme aristocratique et conservatrice. En RFA, on a longtemps hésité à présenter les conjurés comme des héros, certains ayant eu des liens initiaux avec le régime.

Une reconnaissance tardive

Ce n’est qu’à partir des années 1990 que la figure de Stauffenberg est réhabilitée. Le 20 juillet est devenu une journée officielle de commémoration en Allemagne. Des monuments, films (Valkyrie avec Tom Cruise en 2008) et ouvrages participent à cette réappropriation mémorielle.

Un attentat manqué, mais un acte de courage moral

Le 20 juillet 1944 reste comme l’un des actes de résistance les plus audacieux du régime nazi. S’il a échoué dans son objectif immédiat, il témoigne du courage d’hommes et de femmes qui ont choisi de risquer leur vie pour tenter de renverser un régime criminel.

Face à la terreur, à la propagande et à l’aveuglement collectif, ils ont osé dire non. Leur mémoire incarne une autre Allemagne, celle qui n’a pas cédé, et qui a su, au prix du sang, affirmer son refus du totalitarisme.