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19 Février 1980 : Mort de Bon Scott : une perte pour l'Histoire du Rock

Le 19 février 1980, le monde du rock perdait Bon Scott, chanteur mythique d’AC/DC. Retour sur sa vie, les circonstances de sa mort et l’héritage durable.

🗓️ 19 février 2026 📁 Musique et Spectacle | Les Génies de la Musique

Le 19 février 1980 marque une date noire dans l’histoire de la musique. Ce jour-là, Ronald Belford « Bon » Scott, chanteur charismatique du groupe AC/DC, s’éteignait à Londres à seulement 33 ans.

19 Février 1980 : Mort de Bon Scott : une perte pour l'Histoire du Rock
⏳ 6 min

Figure emblématique du hard rock des années 1970, il incarnait une énergie brute, un esprit rebelle et une voix reconnaissable entre mille.

Sa disparition soudaine bouleversa la scène musicale internationale et transforma à jamais le destin du groupe australien. Retour sur une trajectoire fulgurante et sur l’impact d’une perte qui résonne encore aujourd’hui.

Des racines écossaises à l’éclosion australienne

Bon Scott naît le 9 juillet 1946 à Forfar, en Écosse. En 1952, sa famille émigre en Australie, s’installant à Fremantle, près de Perth.

Cette double identité culturelle marquera son caractère et son accent si particulier.

Très tôt attiré par la musique, il joue de la batterie puis chante dans plusieurs groupes locaux dans les années 1960, notamment The Spektors et The Valentines.

Avant de rejoindre AC/DC, Bon Scott connaît déjà les réalités du métier : tournées éprouvantes, succès modestes, mais aussi difficultés financières et problèmes avec la justice.

Son parcours chaotique forge son image de survivant. Après un grave accident de moto en 1974, il décide de se consacrer pleinement au chant.

C’est cette même année qu’il rencontre les frères Angus et Malcolm Young, fondateurs d’AC/DC. L’alchimie est immédiate.

L’ascension fulgurante d’AC/DC

Avec Bon Scott au micro, AC/DC développe une identité sonore puissante : riffs tranchants, rythmes martelés et textes provocateurs.

L’album High Voltage (1975) marque le début d’une série de succès. Suivent Dirty Deeds Done Dirt Cheap (1976), Let There Be Rock (1977) et Powerage (1978).

Mais c’est avec Highway to Hell (1979) que le groupe conquiert véritablement le marché américain.

La chanson « Highway to Hell » devient un hymne générationnel. Ironie tragique : quelques mois plus tard, le titre prendra une dimension presque prémonitoire.

Bon Scott y chante : « No stop signs, speed limit / Nobody's gonna slow me down ». Ces paroles résument son mode de vie excessif, entre alcool, nuits blanches et tournées incessantes.

Son style scénique est unique. Torse nu, tatouages apparents, regard malicieux, il captive les foules.

Contrairement à l’image caricaturale du rockeur destructeur, Scott était aussi reconnu pour son humour, son intelligence et son sens aigu de l’écriture.

Ses textes, souvent teintés d’ironie et de double sens, racontaient la vie des marginaux, des travailleurs, des fêtards, avec une sincérité désarmante.

La nuit du 18 au 19 février 1980

Dans la nuit du 18 au 19 février 1980, après une soirée arrosée dans un club londonien, Bon Scott est raccompagné par un ami. Incapable de se lever, il est laissé dans une voiture pour dormir.

Le lendemain matin, il est retrouvé inconscient. Officiellement, la cause du décès est une intoxication alcoolique aiguë, mentionnée comme « mort par mésaventure ».

Il n’avait que 33 ans. L’annonce de sa mort provoque une onde de choc dans le monde entier.

Les fans affluent, les radios diffusent en boucle les titres d’AC/DC, et les hommages se multiplient.

Le rock perd l’une de ses voix les plus singulières, à l’instar de Jimi Hendrix, Janis Joplin ou Jim Morrison, tous disparus à 27 ans.

Bon Scott, lui, rejoint une autre tragique statistique : celle des artistes consumés par leur intensité.

Un groupe au bord du gouffre

Après la disparition de leur chanteur, les membres d’AC/DC envisagent sérieusement de se séparer.

Malcolm Young confiera plus tard que le groupe était dévasté. Mais la famille de Bon Scott les encourage à continuer. Selon ses proches, Scott aurait voulu que la musique survive.

Quelques mois plus tard, le groupe recrute Brian Johnson comme nouveau chanteur. En juillet 1980 sort Back in Black, album hommage à Bon Scott.

Le disque devient l’un des plus vendus de tous les temps, avec plus de 50 millions d’exemplaires écoulés. La chanson « Back in Black » et la ballade « Hells Bells » rendent un hommage implicite au chanteur disparu.

Ce succès monumental pose une question encore débattue : AC/DC aurait-il atteint une telle reconnaissance mondiale si Bon Scott avait survécu ?

Certains estiment que son charisme unique aurait conduit le groupe vers d’autres sommets artistiques. D’autres pensent que la transition avec Brian Johnson a permis une évolution stylistique nécessaire.

Un héritage durable dans l’histoire du rock

Plus de quarante ans après sa mort, Bon Scott demeure une figure majeure du rock. En 2003, AC/DC est intronisé au Rock and Roll Hall of Fame.

Scott est salué comme l’un des plus grands chanteurs de hard rock de tous les temps.

À Fremantle, une statue à son effigie attire des milliers de visiteurs chaque année.

Elle symbolise non seulement l’enfant du pays devenu star internationale, mais aussi l’esprit libre et indomptable du rock des années 1970.

Son influence dépasse le cadre d’AC/DC. De nombreux artistes citent Bon Scott comme référence, pour son authenticité et son approche directe de l’écriture.

Il incarnait une époque où le rock était à la fois subversif, populaire et profondément humain.

Comme l’écrivait le journaliste musical Lester Bangs : « Le rock n’est pas qu’une musique, c’est une attitude ». Bon Scott en fut l’illustration parfaite.

Une légende forgée par la tragédie

La mort prématurée contribue souvent à mythifier les artistes. Dans le cas de Bon Scott, elle fige une image de jeunesse éternelle, associée à l’âge d’or du hard rock.

Pourtant, au-delà de la légende, il reste un musicien travailleur, passionné et lucide sur les excès de son époque.

Son parcours rappelle la fragilité des icônes et la pression constante du succès. Les années 1970 furent marquées par une culture de l’excès où drogues et alcool faisaient partie du quotidien des tournées.

La disparition de Scott participe à une prise de conscience progressive dans l’industrie musicale quant aux dangers de ce mode de vie.

Aujourd’hui encore, chaque 19 février, les fans du monde entier rendent hommage à sa mémoire.

Les réseaux sociaux se remplissent de citations, de photos d’archives et de vidéos de concerts.

La musique d’AC/DC continue de traverser les générations, preuve que l’énergie insufflée par Bon Scott ne s’est jamais éteinte.

Un rockeur immortel

Le 19 février 1980 ne marque pas seulement la fin d’une vie, mais le début d’une légende. Bon Scott a laissé une empreinte indélébile dans l’histoire du rock.

Sa voix rauque, ses paroles mordantes et son énergie brute continuent d’inspirer musiciens et auditeurs.

Plus qu’un chanteur, il était l’incarnation d’une époque où le rock se vivait intensément, sans compromis.

Sa disparition tragique rappelle que les plus grandes flammes brillent souvent avec le plus d’intensité… et parfois le plus brièvement.

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