25 septembre 1493 : la deuxième expédition de Christophe Colomb

25 septembre 1493 : Christophe Colomb quitte Cadix pour sa deuxième expédition vers les Amériques avec dix-sept navires.

🗓️ 25 septembre 2025 📁 Documentaires et Reportages | Les Grands Explorateurs

Le 25 septembre 1493, Christophe Colomb quitte Cadix à la tête d’une flotte beaucoup plus imposante que celle de son premier voyage.

25 septembre 1493 : la deuxième expédition de Christophe Colomb
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Le 25 septembre 1493 , Christophe Colomb appareille du port de Cadix , en Espagne, pour son deuxième voyage à travers l’Atlantique. À peine six mois se sont écoulés depuis son retour triomphal du premier voyage, au cours duquel il avait atteint plusieurs îles des Caraïbes tout en demeurant persuadé d’avoir abordé les régions orientales de l’Asie.

Cette fois, l’entreprise change complètement d’échelle. Le premier voyage, commencé en août 1492 avec seulement trois navires — la Santa María , la Pinta et la Niña — relevait avant tout de l’exploration. La deuxième expédition constitue déjà une entreprise de peuplement, d’évangélisation et d’exploitation économique .

Pour la monarchie espagnole, l’objectif est désormais clair : transformer les découvertes de Colomb en possessions durables de la Couronne.

Une expédition sans commune mesure avec celle de 1492

Une flotte de dix-sept navires

Christophe Colomb prend la mer avec une flotte généralement évaluée à dix-sept navires , transportant probablement entre 1 200 et 1 500 personnes , même si les estimations varient selon les sources.

La différence avec le premier voyage est spectaculaire. En 1492, Colomb disposait d'environ 90 hommes. Un an plus tard, l'expédition rassemble non seulement des marins et des soldats, mais également des artisans, des religieux, des fonctionnaires et des hommes destinés à former les premières communautés européennes permanentes des Caraïbes.

Des chevaux, des bovins, des porcs, des chiens et diverses plantes cultivées sont également embarqués.

Ces cargaisons montrent que le projet n’est plus simplement géographique. Les Espagnols préparent l’installation d’une véritable colonie.

Les objectifs des Rois Catholiques

Isabelle de Castille et Ferdinand d’Aragon avaient plusieurs raisons de soutenir cette nouvelle expédition.

Il fallait tout d’abord consolider les droits espagnols sur les territoires récemment découverts. Le Portugal demeurait alors la principale puissance maritime concurrente de la Castille dans l’Atlantique.

La recherche de richesses joue également un rôle fondamental. Colomb avait rapporté en Europe quelques objets en or et avait décrit des territoires qu’il croyait potentiellement riches en métaux précieux.

Enfin, les souverains entendaient favoriser la christianisation des populations rencontrées.

Exploration maritime, ambitions économiques, rivalités européennes et mission religieuse se mêlent ainsi dès les débuts de l’expansion espagnole en Amérique.

Christophe Colomb reste persuadé d’avoir atteint l’Asie

Une erreur géographique qui change l’histoire

Lorsque Colomb quitte Cadix en septembre 1493, il ne considère pas les terres découvertes comme appartenant à un continent inconnu des Européens.

Il pense avoir atteint les régions périphériques de l’Asie.

Cette conviction repose notamment sur une importante sous-estimation de la circonférence terrestre et sur une représentation erronée de l’étendue du continent asiatique vers l’est.

Les connaissances européennes de l’époque restent largement influencées par les travaux antiques et médiévaux, notamment ceux de Claude Ptolémée , ainsi que par les récits de voyageurs comme Marco Polo .

L’ironie historique est considérable : Colomb cherchait une route occidentale vers les richesses de l’Asie, mais son entreprise participe finalement à la mise en relation durable de l’Europe et du continent américain.

Une traversée de l’Atlantique beaucoup plus rapide

Les Canaries comme dernière étape européenne

Après son départ de Cadix, la flotte gagne les îles Canaries , qui servent déjà de point d’appui stratégique aux voyages espagnols dans l’Atlantique.

Colomb choisit ensuite une route plus méridionale que lors de son premier voyage.

Cette décision lui permet de profiter efficacement des alizés, ces vents réguliers soufflant d’est en ouest dans les régions tropicales.

Le voyage est relativement rapide : au début du mois de novembre 1493, les équipages aperçoivent de nouvelles terres.

L’expérience acquise lors de la première traversée commence donc à produire ses effets. Progressivement se dessinent les grandes routes maritimes transatlantiques qui relieront durablement l’Europe aux Caraïbes.

Le 3 novembre 1493 : découverte européenne de la Dominique

Une île baptisée selon le jour de la semaine

Le 3 novembre 1493 , un dimanche, Colomb aperçoit une île montagneuse des Petites Antilles.

Il lui donne le nom de Dominica , aujourd’hui la Dominique, en référence au latin dies dominica , le « jour du Seigneur ».

L’expédition poursuit ensuite sa navigation à travers l’archipel antillais.

Les Espagnols reconnaissent successivement plusieurs îles, notamment Marie-Galante et la Guadeloupe .

La toponymie actuelle des Caraïbes conserve ainsi de nombreuses traces des voyages européens de la fin du XVe siècle.

La Guadeloupe entre dans les récits européens

Christophe Colomb atteint l’île en novembre 1493

Quelques jours après avoir aperçu la Dominique, la flotte atteint la Guadeloupe.

Colomb baptise l’île Santa María de Guadalupe de Extremadura , en référence au célèbre monastère espagnol de Guadalupe.

Mais ces îles ne sont évidemment pas inhabitées.

Les Espagnols rencontrent des populations amérindiennes qu’ils désignent selon différentes appellations, notamment « Indiens » ou « Caraïbes ». Les sociétés des Petites et Grandes Antilles possèdent alors leurs propres systèmes politiques, commerciaux, culturels et religieux.

Les descriptions européennes de ces populations doivent être lues avec prudence : elles sont souvent façonnées par les incompréhensions linguistiques, les intérêts politiques et les représentations européennes de la fin du Moyen Âge.

Porto Rico et les Grandes Antilles

La découverte européenne de Borikén

Au cours du même voyage, Colomb atteint une île appelée Borikén ou Borinquen par ses habitants taïnos.

Il la baptise San Juan Bautista .

Elle deviendra plus tard Porto Rico.

La navigation permet ainsi aux Espagnols de mieux comprendre la géographie de l’arc antillais et d’établir progressivement des routes entre les différentes îles.

Mais la destination essentielle de Colomb reste Hispaniola , l’île correspondant aujourd’hui à Haïti et à la République dominicaine.

C’est là qu’il avait laissé une partie de ses hommes à la fin du premier voyage.

Le retour à Hispaniola et la disparition de La Navidad

Une colonie fondée après le naufrage de la Santa María

Lors du premier voyage, la Santa María s’était échouée dans la nuit du 24 au 25 décembre 1492.

Avec le bois récupéré du navire, Colomb avait fait construire un petit fort baptisé La Navidad .

Environ quarante hommes y avaient été laissés lorsque le navigateur était retourné en Europe.

Colomb espérait les retrouver plusieurs mois plus tard, toujours installés dans le fort.

La réalité est tout autre.

Le fort est retrouvé détruit

À son retour sur Hispaniola, Colomb découvre La Navidad détruite et ses occupants morts.

Les circonstances exactes demeurent imparfaitement connues.

Les récits espagnols rapportent que certains des Européens auraient provoqué des conflits avec les populations locales, notamment par leurs exigences en matière de nourriture, d’or et de femmes. Des rivalités entre groupes indigènes auraient également joué un rôle.

Cet épisode constitue un avertissement précoce : les relations entre Européens et populations amérindiennes ne seront ni simples ni uniformes.

Coopérations, alliances, échanges commerciaux, conflits et violences vont rapidement s’entremêler.

La Isabela, première grande tentative de colonisation espagnole

Une ville fondée en 1494

Après la destruction de La Navidad, Colomb décide d’installer une nouvelle colonie sur la côte nord d’Hispaniola.

Elle reçoit le nom de La Isabela , en hommage à la reine Isabelle de Castille.

Fondée au début de 1494 , elle est souvent considérée comme la première implantation urbaine européenne durablement organisée par les Espagnols dans le Nouveau Monde, même si son existence sera relativement brève.

On y construit des habitations, des entrepôts, une église et différents bâtiments administratifs.

Les ambitions sont immenses.

La réalité quotidienne se révèle beaucoup plus difficile.

Faim, maladies et désillusions

Les colons sont confrontés à de nombreux problèmes : maladies tropicales, pénuries alimentaires, mauvaise adaptation des cultures européennes et conflits internes.

Beaucoup d’hommes sont venus en espérant trouver rapidement de grandes quantités d’or.

Ils découvrent que cette richesse est beaucoup moins accessible que ne le laissaient espérer certains récits.

Le décalage entre les promesses de l’expédition et les conditions réelles crée rapidement des tensions.

La Isabela sera finalement abandonnée quelques années plus tard, notamment au profit de Santo Domingo , qui deviendra le principal centre de la présence espagnole dans les Caraïbes.

De l’exploration à la colonisation

Le véritable tournant du deuxième voyage

Le deuxième voyage de Christophe Colomb est parfois moins connu du grand public que celui de 1492.

Il est pourtant essentiel pour comprendre l’histoire de la conquête européenne des Amériques.

Le voyage de 1492 avait ouvert une route.

Celui de 1493 commence à transformer cette route en système colonial .

Des Européens s’installent durablement. Ils introduisent leurs animaux, leurs plantes, leurs institutions politiques et leur religion.

Dans le même temps, ils découvrent de nouvelles cultures alimentaires et de nouveaux produits américains.

Ces circulations seront ensuite désignées par les historiens sous le nom d’ échange colombien .

L’échange colombien bouleverse plusieurs continents

Animaux, plantes et produits traversent l’Atlantique

Après les voyages de Colomb, les échanges biologiques entre Ancien et Nouveau Monde prennent une ampleur extraordinaire.

Vers les Amériques arrivent notamment :

  • chevaux ;
  • bovins ;
  • porcs ;
  • moutons ;
  • blé ;
  • canne à sucre.

Dans l’autre direction, l’Europe découvre progressivement ou développe l’usage de produits originaires des Amériques :

  • maïs ;
  • pomme de terre ;
  • tomate ;
  • cacao ;
  • tabac ;
  • différentes variétés de haricots.

À long terme, certaines de ces plantes modifieront profondément l’alimentation mondiale.

La pomme de terre contribuera par exemple, plusieurs siècles plus tard, à nourrir une part croissante de la population européenne.

Des conséquences dramatiques pour les populations amérindiennes

Le choc microbien

L’un des phénomènes les plus importants de la rencontre entre les deux mondes est invisible aux contemporains : la circulation des agents pathogènes.

Les populations américaines avaient vécu pendant des millénaires relativement isolées des grands foyers épidémiques eurasiens et africains.

La variole, la rougeole, la grippe et d’autres maladies introduites après le début des contacts transatlantiques provoqueront des épidémies particulièrement meurtrières.

Il est cependant difficile d’attribuer l’effondrement démographique amérindien à une cause unique.

Les maladies se combinent aux guerres, au travail forcé, aux déplacements de populations, aux famines et à la désorganisation des sociétés locales.

Une domination coloniale progressivement organisée

Au cours des années suivantes, la présence espagnole se renforce.

La recherche d’or et de main-d’œuvre encourage la mise en place de systèmes d’exploitation des populations autochtones.

L’ encomienda , développée progressivement dans les colonies espagnoles, attribuera notamment à certains colons le droit de recevoir le travail ou le tribut de communautés indigènes, en échange théorique de leur protection et de leur évangélisation.

Dans la pratique, le système donnera lieu à de nombreux abus.

Bartolomé de Las Casas et la critique de la conquête

Un débat naît au sein même du monde espagnol

Les violences commises dans les territoires américains susciteront progressivement des critiques en Espagne.

La figure la plus célèbre reste Bartolomé de Las Casas , religieux dominicain qui avait lui-même participé dans sa jeunesse au système colonial avant d’en devenir l’un des principaux adversaires.

Dans sa Très brève relation de la destruction des Indes , publiée en 1552, il décrit les populations indigènes comme des peuples qu’il juge victimes d’une violence considérable de la part des conquérants.

Une formule souvent citée de son œuvre commence ainsi, selon les traductions françaises :

« Toutes ces universelles et infinies nations […] sont des gens très simples, sans méchanceté ni duplicité. »

Ce témoignage doit lui aussi être replacé dans son contexte polémique et religieux, mais il illustre les débats moraux que la conquête des Amériques provoque dès le XVIe siècle.

Ces controverses contribueront notamment aux discussions sur le statut juridique des populations amérindiennes et culmineront dans des épisodes célèbres comme la controverse de Valladolid , au milieu du XVIe siècle.

Christophe Colomb, une figure historique devenue controversée

Entre prouesse maritime et naissance d’un système colonial

Pendant des siècles, Christophe Colomb a principalement été célébré en Europe et dans une partie des Amériques comme le navigateur ayant ouvert une route transatlantique durable entre deux mondes.

Les recherches historiques contemporaines accordent également une place majeure aux conséquences de cette entreprise pour les sociétés autochtones.

Ces deux dimensions appartiennent à la même histoire.

La traversée de l’Atlantique représente une prouesse maritime importante dans les conditions techniques du XVe siècle. Mais les expéditions colombiennes ouvrent également une période de conquêtes, d’exploitation économique, de violences, de déplacements de populations et de profondes transformations culturelles.

Comprendre Colomb suppose donc de distinguer l’importance historique de ses voyages de la manière dont leurs conséquences ont été célébrées, oubliées ou critiquées selon les époques.

Le traité de Tordesillas redessine bientôt le monde

Espagne et Portugal se partagent des zones d’expansion

Le deuxième voyage de Colomb se déroule également dans un contexte de rivalité diplomatique entre l’Espagne et le Portugal.

Les découvertes atlantiques posent immédiatement une question : à quelles puissances européennes appartiendront les territoires nouvellement revendiqués ?

En 1494 , quelques mois après le départ de Colomb, le traité de Tordesillas établit une ligne de partage entre les zones d’expansion espagnoles et portugaises.

Ce partage, décidé sans consultation des peuples vivant dans les territoires concernés, aura des conséquences considérables.

Il contribue notamment à expliquer pourquoi le futur Brésil deviendra une colonie portugaise tandis que l’essentiel de l’Amérique centrale et de l’Amérique du Sud colonisée par les puissances ibériques passera sous domination espagnole.

Le 25 septembre 1493, une date charnière de l’histoire mondiale

La deuxième expédition de Christophe Colomb est bien davantage qu’un nouvel épisode d’exploration maritime. Le départ de Cadix du 25 septembre 1493 marque le passage d’une aventure de reconnaissance à une véritable entreprise de colonisation.

Avec dix-sept navires, des centaines de colons, des religieux, des animaux et des plantes, l’Espagne cherche désormais à installer durablement sa puissance de l’autre côté de l’Atlantique.

Les conséquences dépassent rapidement les intentions de leurs protagonistes. Des réseaux commerciaux intercontinentaux se développent, des espèces animales et végétales circulent d’un continent à l’autre et de nouveaux empires coloniaux apparaissent. Dans le même temps, les populations autochtones subissent épidémies, guerres, exploitation et bouleversements sociaux majeurs.

Le 25 septembre 1493 peut ainsi être considéré comme l’une des dates symboliques du moment où la rencontre entre Europe et Amériques commence à devenir une transformation durable de l’histoire mondiale .

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